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  • Photo du rédacteurGerard Lopez

La musicothérapie

Dernière mise à jour : 12 déc. 2022

LA MUSICOTHERAPIE

A travers le temps et le monde, partout la musique rythme la vie, tant au quotidien, que lors de rites sociaux, de rituels, ou de soins. En effet depuis toujours les Hommes ont eu cette intuition que la musique « soigne ». Partout donc, même depuis le ventre de notre mère, nous sommes immergés dans le bain sonore du monde. La musicothérapie n’est rien d’autre qu’une redécouverte finalement, mais augmentée des connaissances modernes dans les domaines de la psychologie et de la recherche, dont les neurosciences, forte d’une immense expérience clinique, et évoluant essentiellement dans le secteur médico-social et éducatif. Elle s’inscrit donc dans une démarche thérapeutique complémentaire.


1. DEFINITION :

La fiche métier du musicothérapeute donne la définition suivante :

« La musicothérapie est une pratique de soin, d’aide, de soutien ou de rééducation qui consiste à prendre en charge des personnes présentant des difficultés de communication et/ou de relation. Il existe différentes techniques de musicothérapie, adaptées aux populations concernées : troubles psychoaffectifs, difficultés sociales ou comportementales, troubles sensoriels, physiques ou neurologiques. La musicothérapie s’appuie sur les liens étroits entre les éléments constitutifs de la musique, et l’histoire du sujet. Elle utilise la médiation sonore et/ou musicale afin d’ouvrir ou restaurer la communication et l’expression au sein de la relation dans le registre verbal et/ou non verbal »[1]

Soin. Rééducation. On comprend alors que ce n’est pas simplement faire ou écouter de la musique : « Loin de certaines idées reçues qui lui attribueraient un caractère “artistique”, la musicothérapie se préoccupe du potentiel et de l’évolution de la communication thérapeutique en travaillant avec la fonctionnalité sonore et psycho-sonore du sujet. Elle lui propose ainsi un “objet intermédiaire sonore et/ou psycho-musical” dans l’objectif de tisser puis de pérenniser le lien thérapeutique, donnant toute légitimité via le thérapeute au concept même d’une thérapie ».[2]


2. LES EFFETS DE LA MUSIQUE :

« La musique a des effets physiques, intellectuels, affectifs et sociaux »[3]. Elle rejoint toutes les sphères de l’Homme en développement, de la grossesse au décès de l’individu. Le corps résonne et vibre aux sons. Rythme cardiaque, hormones, système immunitaire, niveau de stress. Ce ne sont là que quelques exemples tant les effets physiologiques sont multiples. Se développent également la mémorisation, l’attention, le schéma corporel, la coordination par exemple. La musique voyage littéralement à travers le cerveau, et ses neurones sont alors grandement sollicités, et de là l’intelligence émotionnelle et les apprentissages sont étayés. La musique nous ramène fortement vers l’enfance et ses composantes affectives : visages, souvenirs, émotions, vécus. Elle facilite l’accès à notre psychisme. Sur le plan social, c’est un outil de communication par excellence, que ce soit par le biais du verbal ou du non verbal.


3. LA MUSIQUE EN THERAPIE :

Cette pratique de soin s’adresse donc à une multitude de publics, si ce n’est à tout le monde. Si nous avons l’habitude de la voir à l’œuvre en EHPAD, ou avec des personnes autistes, elle s’applique tout aussi bien dans les cas de psychoses, de troubles psychologiques et psychiatriques, en néo natalité, en soins palliatifs, en cas de déficiences, de polyhandicap, en gériatrie au sens large, dans le traitement des dépendances, de l’isolement social, des troubles thymiques, des difficultés psycho-sociales, etc.

En séance individuelle, ou en groupe, on peut distinguer deux techniques majeures : la musicothérapie active et la musicothérapie réceptive. La première consiste, de manière adaptée, à utiliser des instruments, dont la voix et le corps, ou tout objet sonore pour « faire de la musique » aussi bien que pour détourner l’usage premier desdits objets (exploration et jeux) ; et la seconde à écouter des musiques, selon des besoins particuliers, en utilisant ou pas des méthodes éprouvées, dans le but principalement d’apporter de la détente, mais pas que. Il est possible d’imaginer utiliser cette technique pour parler des émotions par exemple. Et autour de ces deux techniques, il en gravite une multitude d’autres afin d’enrichir les ateliers : percussions corporelles, travail autour de la voix, « danse », jeux divers, calendrier autobiographique musical, mais aussi évaluations diverses, bilans etc.


On ne cherche pas à faire quelque chose d’esthétique, ni à apprendre la musique. On cherche à entrer en communication, et de là ouvrir les portes du monde intérieur de tout un chacun et tenter d’atteindre des objectifs tel que étayer l’autonomie, développer la confiance et l’estime de soi, ainsi que les capacités de communication, susciter du plaisir, de la joie, exprimer voire extérioriser des émotions, se réapproprier son corps et ses sens, se détendre ou au contraire maintenir un tonus, ou sa mémoire, ou son imaginaire et sa créativité, rompre l’isolement et valoriser son histoire personnelle, susciter la spontanéité, l’expression de soi, soutenir les capacité cognitives, etc.


« La musicothérapie active peut introduire aisément des dimensions ludiques qui vont permettre aux participants d’appréhender leur problématique dans une distanciation nécessaire à un processus thérapeutique. »[4]

[1] Fédération Française de Musicothérapie. [2] Société Française de Musicothérapie [3] Musique, musicothérapie et développement de l’enfant (Guylaine Vaillancourt) [4] André Fertier, Le pouvoir des sons, 2018, Edition Ellébore, p.94

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